Journal de création

Correspondance de l’auteure 2

Montpellier, le 21 octobre.

Chers enfants,

 

Je reviens aujourd’hui de tournée (tu sais, ma grande vie dans les hôtels et les théâtres). C’était très bien. J’ai joué une de mes pièces – et je n’ai pas eu de trou de mémoire. Je dis ça pour répondre aux enfants de Gaspard Monge (« Quand vous avez un trou de mémoire, comment vous faites ? »). C’est vrai, lorsqu’on est actrice, on a beaucoup de texte. Mais moi, je n’ai pas trop peur du trou de mémoire. Parce que ça ne m’est jamais arrivé ! En vingt ans de métier, pas le moindre petit trou ! Non, c’est pas vrai, bien sûr, des fois, il m’est arrivé de perdre mon texte et de raconter n’importe quoi, mais je n’ai pas eu peur, et les spectateurs n’y ont vu que du feu. En fait, mon secret, c’est de ne surtout pas penser au trou de mémoire. C’est un peu comme lorsqu’on est sur une tour, ou bien en haut d’un gratte-ciel : si tu penses que tu tombes, d’un seul coup, tu as le vertige, et tu as peur d’être près du bord. Eh bien, le trou de mémoire, c’est pareil, il ne faut pas y penser si tu ne veux pas avoir le vertige et tomber dedans. Tu comprends ? Enfin, je fais un peu la maligne, mais des fois, quand on a un trou de mémoire, c’est terrible. Capucine, ça lui est déjà arrivé. Ça, c’est Capucine le jour où elle a eu son trou de mémoire :

pucine

Eh bien, elle avait comme disparu de la scène ! Elle ne pouvait plus parler. C’était très inquiétant. Elle pourra t’en parler elle-même si tu veux. En fait, actrice, c’est aussi un métier merveilleux et très difficile. C’est pour ça qu’on répète beaucoup. On se redit notre texte, beaucoup, beaucoup, on revoit notre parcours, comme ça, le jour de la représentation, on ne se soucie plus de ce qu’on a à faire, on essaie de faire comme si c’était la toute première fois. D’être toute neuve. Tu te souviens de tes toutes premières fois, toi ?

 

 

 

Bon. Je voulais surtout te dire que j’étais rentrée à la maison, et lorsque je suis rentrée, j’avais des nouvelles de presque toutes les classes !! (Je n’ai toujours pas de nouvelles des enfants de Lattes et m’inquiète. J’espère qu’ils n’ont pas eu une catastrophe ! Aujourd’hui, j’ai vu dans le journal une photo de petits enfants en Syrie :

img01

Je crois qu’ils ont des catastrophes tous les jours là-bas. La légende de la photo dit : « Je ne sais pas si ces écoliers sont encore vivants ». Tu me crois ou pas, mais lorsque j’ai lu ça, je me suis évanouie. C’est encore Nestor qui m’a ramassée à la petite cuillère :

Nestor. C’est très loin la Syrie, maman. Ne t’inquiète pas. Les écoliers de Lattes sont vivants. Et bientôt, ils vont t’écrire.

J’ai eu vraiment honte de mon évanouissement. J’ai dit à Nestor :

M. Va plutôt lire tes Légendaires. Tu sais, Félix et Rachel, les CM du Plessis Grimoult, ils adorent aussi les Légendaires.

Je me suis relevée, et sur le blog (ça y est ! on a enfin un blog !), j’ai lu un petit dialogue entre Loqmane, de l’école des Forges à Montbéliard et sa maîtresse :

 

Loqmane. Moi, je l’aime pas Marion.

La maîtresse. Pourquoi ?

Loqmane. Parce qu’à chaque fois, elle nous donne du travail.

 

Alors là, je me suis de nouveau évanouie ! Et lorsque je me suis réveillée, j’ai vu Loqmane main dans la main avec Marguerite Duras !!!

Marguerite. Viens ! On va pas travailler, nous, Loqmane ! On va rien faire ! On va s’enfoncer dans un canapé bien moelleux, et peut-être, même, on va piquer un petit somme, et lorsqu’on sera bien fatigués de notre repos, on va manger des montagnes de raclette, et péter ! On va péter !

M. Et Marguerite faisait des pets sous les aisselles avec Loqmane !

Marguerite. Viens ! Viens, Loqmane ! Je vais te montrer un endroit parfait ! Tu vas voir, il y a des coussins ! Et lorsque tu ouvres la bouche, hop, on te met des chamallows direct dans le gosier ! Viens ! Viens !

M. Et j’ai vu Marguerite Duras emporter le petit Loqmane, ouvrir une trappe, et sur le fronton de la trappe, tu sais ce qui était écrit ? : Trou de mémoire de Marguerite Duras, Code postal : Nulle part ! Et maintenant, j’ai peur que Loqman n’ait peur, tout seul, perdu dans le trou de mémoire de Marguerite. Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué : elle a quand même un grain, cette Marguerite. C’est une espèce de morte-vivante. Et même si je sais que ça fait plaisir à Nestor et à d’autres petits garçons, des terribles, genre Nils, Adam, ou Dimitri (de Montpellier), des qui n’ont pas peur de la guerre ni de la mort, moi, quand même, j’ai un tout petit peu peur. Chut ! Vous entendez ?! On dirait des rires qui sortent du trou de Marguerite ! Xavier ! Donne-moi la longue vue souterraine (c’est une sorte de sous-marin à l’envers) :

 

Dessin de la longue vue souterraine par Nestor :

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M. Mais qu’est-ce que je vois ?! Loqmane n’est pas tout seul ! Regardez ! Il y a des traces de pas ! Mais oui !!!! Ce sont les traces de pas griffus d’un CM du Plessis Grimoult !! Et là ! Regardez ! Seize traces ! Loqmane est avec les huit enfants qui se sont enfuis de l’école Gaspard Monge de Saint-Etienne ! Les huit qui se sentaient trop à l’étroit !

 

- Extraits du dialogue entre Edith, la maîtresse et les CE2/CM1de Saint-Etienne.

 

Edith. Est-ce qu’il y a des moments, où vous, vous vous sentez inadaptés ? La petite fille puma dont Marion nous parle… Qu’est-ce que Marion nous dit d’elle ?

Jennat. Elle a envie de casser le toit et de sortir.

Edith. Pourquoi ? Un puma, qu’est-ce que c’est un puma ?

Les élèves. C’est un animal sauvage, un félin, un fauve.

Edith. Oui ! Alors comment elle se comporte, cette petite fille ?

Sarah. Elle se comporte comme un vrai félin.

Edith. C’est-à-dire ?

Sarah. En fait, les félins, ils vivent en dehors des endroits serrés, elle c’est la même chose, elle a envie de sortir, elle se sent pas dans son vrai endroit.

Edith. Oui, elle se sent à l’étroit à l’école. Vous vous sentez parfois à l’étroit à l’école ?

Les élèves. Oui.

Amine. Tous les jours

Edith. Tous les jours, Amine ? Qu’est-ce que tu voudrais faire ? Pourquoi tu te sens à l’étroit ?

Jennat. Cette fille, je crois bien qu’elle est claustrophobe.

Edith. C’est possible, qu’est-ce que ça veut dire claustrophobe ?

Jennat. Ça veut dire qu’elle aime pas les endroits fermés, les petits endroits. Ça la stresse.

Edith. Mais cette petite fille puma, c’est peut-être plus que ça encore, c’est pas forcément qu’elle aime pas vivre dans les endroits fermés, elle aime pas bien vivre où ?

Les élèves. A l’école !!!

Edith. Alors elle est comme Amine ! On a un petit puma dans la classe alors ? Qui aimerait bien déchirer le toit de l’école pour sortir ?! On en a d’autres des pumas dans la classe ?

Huit élèves lèvent le doigt.

 

Et là, les huit élèves + Loqmane + un CM du Plessis-Grimoult font la fête dans le trou de Marguerite ! Je crois même qu’ils boivent du vin !! C’est affreux ! Il faut intervenir ! Que vont dire les maîtresses ?! Ce n’est pas du tout ça la liberté, les enfants ! Ne voyez-vous pas que c’est la mort ?! Ils ne voient même pas que Marguerite est toute vermoulue ! Oh la la ! Qu’est-ce que je vais faire ?! Que vont dire les parents ?! Ils nous avaient accordé toute leur confiance et nous voilà dans de beaux draps ! Avec des enfants disparus !

J’ai deux solutions : 1. Soit je m’évanouis (et c’est la fin du projet).

2. Soit je me fâche contre Héliette (tu sais, ma petite fille) pour détourner l’attention.

M (à Héliette). Tu dors ! ça suffit maintenant ! Tu fais la sieste sinon, on va pas à la mer ! Je me fâche. A trois, je me fâche. Un ! Deux ! Trois ! Tu laisses ton frère tranquille !

Héliette. Oui mais moi je veux dormir dans le lit de maman !

 

Là, tu peux me dessiner toute fâchée. J’ai des flammes qui sortent des naseaux, et de l’électricité dans le cerveau.

Je pense à Neyla de Montbéliard qui n’aime pas lorsque ses parents la grondent.

Je suis triste, avec mes flammes qui sortent du nez. En plus, ma petite fille a le bout des cheveux tout brûlés, à cause de mes flammes. Ça sent le roussi dans toute la maison. Tu me crois ?

 

Troisième solution : prendre le problème à bras le corps. Le regarder bien en face, sous tous les angles, pour essayer de le comprendre. Je me retourne dans mon sous-marin-longue vue pour observer Loqmane de tout près avec Marguerite sans être vue (ça fait un peu mal au cœur mais ça va).

 

Description de la scène :

Loqmane a l’air de drôlement bien s’amuser. Ça me fait penser à Pinocchio lorsqu’il part avec son ami Lumignon au Pays des Jouets, tu connais ? Attends. Je t’en lis un bout :

« Ce pays ne ressemblait à aucun autre pays au monde. Sa population était exclusivement composée de jeunes garçons. Les plus âgés avaient quatorze ans, les plus jeunes à peine huit. Dans les rues, une gaieté, un chahut, des cris à vous rendre fou ! Partout des bandes de petits fripons : les uns jouaient aux noix, ou à la marelle, ou à la balle, ou bien se perchaient sur des bicyclettes ou des petits chevaux de bois ; d’autres jouaient à colin-maillard, ou se couraient après ; certains, habillés en bateleurs, avaient de l’étoupe enflammée ; d’autres jouaient la comédie, chantaient, faisaient des sauts périlleux, ou encore s’amusaient à marcher sur les mains ; on en voyait aussi qui faisaient rouler des cerceaux, ou qui se promenaient en costume de général avec des casques en papier et des sabres en carton-pâte ; on riait, on poussait des cris, on s’appelait, on tapait dans ses mains, on sifflait, on imitait le caquètement de la poule pondant son œuf… »

Pinocchio joue, joue, joue au Pays des Jouets mais un beau jour, il se réveille, et il se sent pousser des oreilles d’âne, une queue d’âne, et il commence à braire ! Bien sûr, Pinocchio est un petit garçon de bois. Loqmane, lui, est un petit garçon de chair. Avec de l’intelligence au bout des doigts. Rien à voir, tous les deux ! Rien à voir du tout ! Mais quand même, je me dis que je n’ai pas le droit de le laisser dans le trou noir de Marguerite. Je me sens complètement irresponsable de l’avoir perdu ! En plus, je vous ai raconté n’importe quoi. Loqmane ne vient pas du tout de Montbéliard mais d’Audincourt (c’est juste à côté). Bon. Je pense que nous allons avoir besoin de la potion de Nestor pour sauver Loqmane + les 9 enfants. Qui veut venir avec moi ? S’il y en a qui veulent descendre avec moi pour sauver Loqmane + les 9 enfants des griffes de Marguerite, vous pouvez inscrire votre nom ici :

 

Il m’en faudra d’autres pour garder la classe en mon absence. A mon avis, je vais confier la classe à Evan Graca. Il est sage comme une image.

Evan

 

Dialogue entendu pendant notre opération de sauvetage entre Loqmane et Marguerite :

Marguerite. Tu aimes Marion Aubert ?

Loqmane. Non.

Marguerite. Moi non plus. Je ne l’aime pas. T’as vu : elle demande toujours du travail. Tiens. Prends un chamallow. Tu aimes ? Tu sais, Loqmane, écrire, ça sert à rien. Et lire, ça sert à encore moins que rien. Et compter non plus. Et chanter non plus. Et danser non plus. Et réfléchir, ça sert vraiment à rien de rien. Et se creuser la cervelle, tu sais à quoi ça sert ? A se faire des trous. Regarde : une passoire, ma cervelle ! Tout coule. Tout coule de partout. Tu me trouves belle, Loqmane ? Dis-moi la vérité ! Comment tu me trouves, avec mes trous ? Tiens. Une DS3. C’est pour toi, mon chéri. Elle te plaît ? Embrasse-moi, Loqmane, pour la DS3. Tiens, une voiture Ferrati télécommandée. C’est pour toi, mon chéri. Pour toi. Pour toi. Tu m’aimes ? Tiens. Une XBOX + une PS3 + une PSP. Ça va ? Tu es bien ? Tout va bien ? Tu préfères la maîtresse ? Tiens ! Un voyage à Disneyland Paris ! Tu préfères qui ? Tu préfères une petite fille du Plessis-Grimoult dont tu as vu la photo ? Rachel ?

Numériser 2

Marguerite. Pas de chance pour toi ! Rachel est déjà fiancée avec Félix je te ferai dire.

Félix

Marguerite. Tu sais, Loqmane, je suis contente que tu n’aimes pas la maîtresse ni Marion Aubert. T’as vu. Elles se prennent pour qui ? Tu sais à quoi ça sert, le théâtre ? A rien. A rien. Tout sert à rien. C’est vraiment pas la peine de vivre, Loqmane. Viens ! Viens dans mon trou noir ! Viens ! Tu sais ce que je fais lorsque je m’ennuie, Loqmane ? J’aspire les enfants inadaptés. Je leur croque un bout d’oreille.

 

- Extrait : le cauchemar de Melek d’Audincourt.

Melek. Moi j’ai vu une sorcière, elle mange les oreilles des humains.                                                    

 

Marguerite. Hum ! Tu as de belles oreilles, Loqmane. Tu me laisses te les croquer ? De toute façon, elles ne te servent à rien. Et puis, je voudrais bien ton cerveau. Il te sert à rien puisque tu ne veux pas travailler !

M. Pas de temps à perdre, les amis ! En plus, ça fait un peu d’action !

 

Dessine ici l’opération de sauvetage des enfants.

En attendant, avec toute cette opération commando, j’ai encore pris un détour. Et je ne vous ai pas parlé en détail de tout ce que j’ai reçu. D’abord, dans le train, de retour de tournée, avec Capucine, on a regardé toutes les photos et les empreintes des grands du Plessis-Grimoult. Et puis lorsque je suis arrivée à la maison, tard dans la nuit, il y avait sur mon ordi une enveloppe avec les lettres des CE2-CM1 d’Auguste Comte à Montpellier ! Et sur le blog, des contributions des écoles de Saint-Etienne et Audincourt !

 

J’ai relevé ici quelques ingrédients :

 

Les CE2/CM1 de Montpellier : Tom, Charles, Ismael, Sami, Ernest, Anna-Louise, Louise, Valentine, Nestor, Alice, Luna, Nariman, Dimitri, Luna D, Alice Barbier, Soleidi, Tim, Milan, Adam, Nils, Théo, Myriam.

22 lettres manuscrites et parfois même illustrées.

Une liste de questions : Qu’est-ce que tu manges ? Est-ce que tu aimes les végétaux ? Qu’elle est ton sport préféré super Marion ? Est-ce que tu aimes aller à l’école toi ? Est-ce que dans le spectacle il y aura tout ce que j’ai demandé ? C’est quoi ton plat préféré ? T’aime bien Noël, ton anniversaire et Pâques ? Quelle est ta fête préférée ? As-tu rencontré quelqu’un de spécial ? ça veut dire quoi paralyser ? C’est quoi la guerre ? Est-ce que vous aimez bien les animaux ? Et vous aimez bien manger ? Tu aimes bien le poulet ?

J’ai aussi eu un chaleureux rêve + une chanson et une poésie.

Des commandes : des étoiles multicolores, de la guerre, de l’action, de l’espionnage, de la magie, de la construction, des animaux, des insectes, des végétaux, des arbres, des mitrailleuses

Un maître : monsieur Salomé (Vincent).

 

Les CE2/CM1 de Saint-Etienne : Majda, Zoé, Sarah, Mattéo, Nahil, Dounia, Erwan, Jennat, Médéric, Milène, un mystérieux A, Amine, Selim, une mystérieuse I, Marius.

Une maîtresse : Edith Thélisson.

23 cauchemars.

6 idées toutes faites.

Un débat autour de la petite fille puma.

9 présentations.

 

Les CE1/CE2 des Forges à Audincourt : Kawtar, Matïs, Cassandra, Eda, Sueda, Aleksander, Inès, Djaimy, Rayan, Ayoub, Mélina, Melek, Sabri, Elina, Beyzanur, Anis, Neyla, Anissa, Noah, Loïs, Jérémy, Ilan, Imène, Loqmane.

Une maîtresse : Gaëlle Daucourt.

Des commandes : des lézards, des lions, des chevaux, une potion, une armoire, de la boue, une vitre, du poison, des monstres et des libellules, la maîtresse, un ballon cuit à la vapeur, un scorpion, un couteau et du sang, un marron, des serpents, des cailloux, du chien.

Des passe-temps : la WII, le football, du vélo dehors, l’agent espion, la voiture Ferrati télécommandée, ballon chasseur, les élastiques, l’ours en peluche, aider une maman à faire des gâteaux, des faux chiens, l’ordinateur, la XBOX, la PS3, la PSP, les dessins, la console, la course, une poupée Violetta, aller au marché, partir au magasin, regarder Violetta (je me demande qui est cette Violetta à la fin), les toupies, un ours The-Di, les Playmobils, la pâtisserie, la Citédo, du judo, aller en vacances à Marrakech, à Disneyland Paris et faire des montagnes russes, la PS4.

Quatre dégoûts : la noix de coco, les cartes Pokémon, lire, mettre du maquillage.

Une observation : les verrues plantaires ressemblent à des framboises.

Deux photos de classe vive.

 

Les CM1/CM2 du Plessis Grimoult : Bénédicte, Clément, Brandon, Zélie, Azilys Barbier (c’est drôle, une autre Barbier !!), Benjamin Walter Gontrand, Carla, Léo, Mathilde, Rachel et Félix, Emma, Antonin (+ son frère Augustin + ses cousins Hugues et Valentin), Lisa, Ayla, Baaron, Edwin, Sophie, Evan Graca, Marie, Pauline.

21 présentations en pieds.

Des empreintes :

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Des travaux qui devraient suivre rapidement.

Une maîtresse : Laetitia Boulent.

 

La maîtresse Laetitia m’écrit : « La plus grande difficulté, c’est d’accepter qu’il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse ».

Ça, c’est bien vrai ! En tous les cas, plus vos réponses sont singulières, plus elles m’intéressent. Tu sais ce que ça veut dire, singulières ? ça veut dire qui ne ressemblent qu’à toi. Parfois, on dit des choses curieuses, mais justement, elles donnent encore envie de poser d’autres questions. Et plus vos questions me donnent envie de poser des questions, plus c’est intéressant. Parce qu’en fait, je crois que les questions m’intéressent davantage que les réponses. Bien sûr, Marguerite ne va pas être d’accord avec moi. Tu sais quoi, Marguerite, elle est toujours là pour me contredire. Elle a des réponses toutes faites à tout, et pour toujours. Xavier, il est toujours impressionné par Marguerite.

Tête de Xavier impressionné :

Numériser 3

Il m’énerve ! Il est là lorsqu’elle récite son encyclopédie. Elle connaît tous les noms et toutes les villes compliquées. Par exemple, elle connaît Gia Dinh, et le conflit en Syrie, elle connaît ombrageux, et les hibiscus. Enfin, Marguerite, je te ferais remarquer, la petite Lilas du CE2 de Montpellier, elle connaît aussi les hibiscus, les cannibales et des retours en Angleterre.

 

- Lettre de la petite Lilas :

Numériser 4

Et pour autant, elle ne la ramène pas toujours avec sa science. Alors que toi ! Mais Marguerite s’étale :

Marguerite. Je sais tout. Je sais les végétaux. Et je sais les automobiles. Je sais mille + mille et compter jusqu’à l’infini. Je sais même la politique du NPA. Je sais les fautes de stratégie. Je sais tout. Je sais mon latin : rosa rosa rosam. Je sais les probabilités + les fractions digitales. Je sais la géométrie et comme Mathilde du Plessis Grimoult, je l’aime. Je sais les arabesques et les aurores boréales. Je sais les hématites (comme Milène, de Saint-Etienne). Je sais les diamètres et les opposés. Je sais tout, tout, tout. Je sais le roi Salomon. Et je sais le Roi Salomé. Je sais les salopettes. Je sais la mer. Le bernique.

M. Tu nous soûles, Marguerite. Tais-toi ! Tais toi !

Marguerite. Je sais mon tigre. Mon Euphrate. Je sais comment les poux craquent sous les ongles. Je sais la crasse au bout des doigts. Je sais les angles aigus et les angles obtus. Je sais le néolibéralisme et le néocapitalisme. Je sais la Révolution. Je sais les guerres. Je sais tout sur tout. Je sais ce que monsieur Salomé a fait hier après-midi. Je sais ce que fait la maîtresse dans son lit. Je sais que la petite Ayla aime surtout les pâtes bolognaises. Je sais que l’ours préféré de Loïs s’appelle The-Di. Je sais tout, tout, tout. Je sais mes conjugaisons. Mon solfège. L’anacrouse, Bagdad et les mots compliqués. Je sais l’orgueil. Et tant d’autres péchés. Je sais mes multiplications pour mercredi. Les tables de un, deux et trois. Je sais une citation de Jean-Jacques Rousseau : « La patience est amère, mais ses fruits sont doux. » Je sais une petite chanson inventée par Alice Fangeaud, de Montpellier. Je sais qu’Alice aime jouer sur la plage. Je sais que Charles déteste lorsque son frère lui crie dessus. Je sais la solitude. La mort. Je sais ce que c’est d’être inadaptée. Je sais ce que c’est d’avoir une croûte sur le visage. Je sais ce que c’est recevoir des coups. Et le cœur qui pourrit. Je sais tout. Laissez-moi. Et toute ma science ne me tient pas bien chaud.

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