Ecole Auguste Comté de Montpellier, Journal de création

Les présents -école de Montpellier

Nariman. On pourrait lui offrir quelque chose nous aussi, à Marguerite ! Elle a l’air tellement seule !

Un petit Milan. Moi aussi, je connais la solitude.

M. Dit un petit Milan.

Un petit Milan. Je la connais très bien. Autrefois, dans mon ancienne école, je n’avais pas d’ami. Quand tu n’as pas d’ami, c’était mon cas à l’époque, ce qui console souvent, c’est d’avoir un ami imaginaire.

M. Ah oui ?

Le petit Tim. Oui ! Moi aussi j’en avais un !

Théo. Moi j’en n’avais pas mais mon frère il en avait un. Tu sais comment il s’appelait, l’ami imaginaire de mon frère ? Tchoupac ! Je sais même pas pourquoi !

M. Et qu’est-ce que tu faisais, Milan, avec ton ami ?

Un petit Milan. Il me mangeait.

M. Ah oui ? Et tu te laissais manger ?

Un petit Milan. Oui. Il me dévorait tout. Et moi, j’aimais bien être grignoté de partout. Il me grignotait les bottes en caoutchouc. Et mon caleçon Freegun. Il me grignotait le bout du nez. Et parfois même l’oreille. Une fois, il est remonté jusqu’à mon front.

La petite Naïs. Moi aussi, je suis une machouilleuse !

M. Dit la petite Naïs.

La petite Naïs. Regardez ! J’ai mangé tous mes ciseaux ! Et ma médaille aussi ! C’était une petite fée, et je lui ai mangé tout le corps !

Le petit Tim. Et moi ? Vous savez comment il s’appelait, mon ami imaginaire ?

M. Dit le petit Tim surexcité.

Le petit Tim. Sangsue géante ! Il me suçait tout ! Tout ! Tout !

Nariman. Bon. Qu’est-ce qu’on lui offre, à Marguerite ?

Un petit Milan. On pourrait peut-être lui offrir mon ami imaginaire Mangetout puisque je n’en ai plus besoin ?! En même temps c’est quelque chose que j’ai aimé –donc c’est un cadeau précieux, et en même temps, je n’en ai vraiment plus l’utilité (la séparation n’est pas trop douloureuse : ça va).

Nariman. On ne peut pas lui offrir Mangetout. T’imagines. Déjà qu’elle ne ressemble vraiment à rien. Si en plus on lui mange ce qu’il reste d’elle.

Nestor. On pourrait lui offrir mon hippocampe ?

M. Dit Nestor.

Nestor. Il est délicat et puis en plus, il est séché. Elle ne risque rien avec un hippocampe séché. Tiens, Marguerite. Voici mon hippocampe séché. Je l’aime beaucoup parce qu’il est séché.

Alice Barbier. Et moi, je te donne mon gros dé. C’est mon papa qui me l’a offert et j’y tiens beaucoup.

Alice Fanjeaud. Et moi, je te donne une photo de lorsque j’étais petite (au Grau d’Agde).

Valentine. Et moi, un petit dauphin avec une ficelle que je fais tourner sur lui-même.

Lilas. Et moi, une boîte qui était sur le bureau de ma maman.

Tous. Ça te fait plaisir, Marguerite ?

Marguerite. Non. C’est vous que je veux, enfants. J’aime tellement les enfants. Les petits enfants frais. Et mêmes les garnements. Ceux qui ont souvent des punitions. Et ceux qui font plein de fautes de français, je les aime particulièrement. J’aime aussi les petites étourdies. N’es-tu pas une petite étourdie, Valentine ? Et toi, Dimitri ? Hier ! N’as-tu pas oublié ton objet ? Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je le sens ! Et toi, Alice Barbier ! Tu sens bon la confiture ! Et les tartines du petit-déjeuner ! Hum ! Et même ceux qui ont des baskets sales ! Je les aime ! J’aime les petits débraillés ! Et les petits bien-mis ! Oh ! Ceux-là, je les aime ! Ils me mettent en appétit ! J’aime ceux qui font de la magie ! Et les maîtres aussi, je les aime. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’eux aussi, ils ont été petits ! Le petit Roi Salomé, je l’aime ! Et je mangerai bien sa couronne. Et son bureau. Et toute son école. Je mangerai bien toute l’éducation nationale, moi !

Luna D. Et qu’est-ce que tu feras une fois que tu auras mangé tout ça ?

Dimitri. Tu iras aux toilettes ?

Marguerite. Ne sais-tu pas que les artistes ne vont jamais aux waters, Dimitri ? Je m’installerai au paradis. Avec une bouteille de Volvic. Mon doudou (qui est un doudou fille : j’aime bien la coiffer et je la tortille dans tous les sens). Mon écharpe (j’aime bien la plier). Mon Iphone. Et puis, je caresserai mon gros ventre. Et neuf mois plus tard, j’accoucherai de livres pour les enfants. Et tous mes livres tomberont du ciel. Il y en aura de toutes sortes. Des BD. Des livres audio sur you tube pour les you tubers. Et ça fera ploc. Et platsh. Et pluf. Et quick. Et bim. Et vlan.

Anna-Louise. Elle est vraiment fracasseboule, cette Marguerite.

Alice Fanjeaud. Oui.

Anna-Louise. Viens. On la laisse toute seule.

Lilas. Toute seule.

Un petit Milan. Toute seule ?

 

2 Réponses à “Les présents -école de Montpellier”

  1. Le 1 décembre 2014 à 19 h 33 min Fabienne a répondu avec... #

    Ça y est je suis addict de votre blog….

    • Le 2 décembre 2014 à 17 h 34 min cietirepaslanappe a répondu avec... #

      :-)

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