Ecole de Saint-Etienne, Journal de création

Massacres -école de Saint-Etienne jour 1

Une petite Sarah. Elle me plaît, cette Héliette !

Dit une petite Sarah.

Une petite Sarah. Elle a l’air d’avoir un sacré caractère !

Majda. Tu aurais une photo d’elle ?

Me dit Majda.

M. Bien sûr !

Je dis.

M. Mais faites très attention ! C’est une petite fille puma ! Elle mange des souris entières ! Et parfois, même, des bouts de petits gars (quand elle fait ses dents). Tu veux quand même la voir ?

Je sors une photo d’Héliette de mon ordi.

M. C’est elle.

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Je dis fièrement.

M. Vous ne trouvez pas qu’elle a l’air terrible ?!

Une petite Sarah. Qui s’occupe d’elle ?

Me dit Sarah.

Les petites filles vipères. Tu l’as laissée toute seule ?

Tu préfères ton art ?

Tu préfères boire des coups et prendre des bains moussants à l’hôtel ?

Tu préfères faire l’intéressante avec ton métier ?

Tu préfères aller rencontrer d’autres enfants dans des écoles de quartier ?

Ssssss ! Sssss ! Ssssss !

M. Sifflent les petites filles vipères.

Les petites filles vipères. Qui s’occupe d’elle ?

Qui ?

Qui ?

Qui ?

Est-ce que tu l’entends lorsqu’elle fait des cauchemars la nuit ?

Tu n’as pas honte ?

Tu n’as pas honte d’abandonner ta petite fille ?

Ssssss ! Sssss ! Ssssss !

Ssssss ! Sssss ! Ssssss !

Ssssss ! Sssss ! Ssssss !

 

 

Avec Héliette, on hausse les épaules doucement. On se regarde profond dans les yeux, et puis, on chante une chanson douce, toutes les deux en même temps. Parfois, on change les paroles. On dit n’importe quoi. Et puis, on rit. Souvent, lorsqu’on a fini la chanson, Héliette me serre fort. Elle m’attrape par le cou. Je sens qu’elle voudrait me garder toujours avec elle.

Héliette. Encore, maman ! Encore la chanson douce ! Encore ! Encore ! Encore !

 

Aujourd’hui, un petit Ismail m’a dit :

Ismail. Lorsque j’ai peur la nuit, je me cache sous le lit.

M. Et tu n’appelles pas ?

Ismail. Non.

M’a dit Ismail.

Ismail. Je n’appelle personne.

Sinon, un petit Jemuel a découvert un parc. C’est un parc avec une balançoire. Un toboggan. Pas grand chose. Mais c’est lui qui l’a découvert.

 

*

 

Le massacre.

Une petite Dounia. Pourquoi tu pleures, Violetta ?

Violetta. J’ai bien réfléchi, Dounia. Ma vie est vide. J’en ai assez de m’agiter. Je vais arrêter les concerts à 95 euros la place et toute cette daube de produits dérivés. Les trousses pourries. Les cartables roses. Le brillant. Je m’écoeure moi-même, vois-tu. Et puis en plus, j’ai la voix cassée. T’entends pas ? Je sais que vous allez être déçues, mes chères fans, mais j’arrête le métier.

Les fans de Violetta. Qui t’a mis ça dans la tête ?! T’es dingue ! T’as pas le droit de nous faire ça ! Mais pourquoi, Violetta ? Pourquoi ? Pourquoi ? T’as des limousines ! T’as tout ! T’as des paillettes ! Une taille fine ! On t’aime ! On t’aime, Violetta ! Y a même Messi qui veut sortir avec toi !

Violetta. Je m’en fiche de Messi. C’est pas du tout mon type.

Les fans de Violetta. C’est qui, ton type ?

Violetta. Je ne peux pas le dire.

Les fans de Violetta. T’as la honte ? T’as la honte c’est ça ?

Violetta. Je suis sûre que vous ne pourrez jamais me comprendre.

Les fans de Violetta. Moi, je te comprends, Violetta.

Moi aussi !

Je serai toujours avec toi !

 

Dis-nous !

Dis-nous !

Dis-nous ton secret, Violetta !

Violetta. Vous n’allez pas vous moquer ?

Les fans de Violetta. T’es dingue !

Pourquoi on se moquerait ?!

On t’aime !

On acceptera toujours tes choix !

Nous, on a envie que tu sois heureuse, Violetta  !

Violetta (solennelle). Je suis amoureuse de Marguerite Duras.

Les fans de Violetta. Quoi ?

Quoi ?

Qu’est-ce qu’elle a dit ?

Violetta. Mais je suis trop timide pour lui avouer. En plus, c’est un petit tas de poussière. Et puis, elle a plein de complexes. C’est une fille hyper intéressante mais hyper compliquée. Notre histoire est vraiment impossible. Qu’en pensez-vous, chères fans ?

Les fans de Violetta. Ça me semble compliqué mais c’est pas impossible.

L’amour peut prendre plein de formes, Violetta.

Les petits guerriers. Bang ! Pang ! Pan ! Pam ! Ratatata ! Ratatata !

Violetta. Qu’est-ce qui se passe ?!

Les fans de Violetta. Au secours ! Sauvez-vous ! Le clown killer ! Là ! Dans le buisson ! Et un autre ! Deux ! Trois ! Des triplés clowns killers ! C’est affreux !

Marguerite. Mais c’est quoi ça ?! Qu’est-ce qu’il se passe, Marion ?

M. Ben je sais pas ! Cache-toi, Marguerite !

Les petits guerriers. Pan ! Pan ! Pam ! Pfiou !

Violetta. Aïe ! Touchée !

M. Les petits garçons voulaient absolument de la guerre et du sang !

Les garçons. Pfiou !

M. Ils ont tous voté pour le clown killer dans le spectacle ! Je te jure ! J’ai tout fait pour les en empêcher ! Je leur ai parlé de la diplomatie, des enfants sans conflits mais rien n’y a fait ! Ils voulaient du sang, du sang, et encore du sang !

Violetta. Aaaaaaaah !

Marguerite. Et tu as sacrifié Violetta ?

M. Ben oui. Tu vois bien. Elle n’était pas du tout satisfaite avec sa vie, de toute façon. Et puis, la pièce n’avançait pas. Elle m’énervait à se la péter comme ça.

Violetta (ressuscitée). Quoi ? Quoi je me la pète ? Je m’interroge sur le sens de la vie, et ça y est, direct, je me la pète ! Et c’est quoi ta vie à toi ? Tu fais la maligne parce que tu écris des pièces de théâtre ! Venez, la bande à casquettes ! Zigouillez-la !

La bande à casquettes. Mais on peut pas tuer l’auteure ! On va plus exister si on tue l’auteure !

Héliette. Maman !

Le clown killer. Tu ne peux pas te comporter comme ça, Violetta.

Violetta. T’as un problème, toi, avec ta tronçonneuse ?! Je vais te faire une prise d’outchimata, toi, tu vas pas comprendre. Bouffon ! Tu te crois intéressant, avec ton masque en plastique ? Tu penses que t’es un exemple pour les enfants ?! T’arrives avec ta tronçonneuse. Tu fais pan pan. Couic couic. C’est le carnage. Y a plus rien. Juste un tas de morts et t’es content. C’est ça que tu veux ? Tu crois qu’il n’y a pas assez de morts dans la vraie vie ? Tu crois qu’il ne faudrait pas insuffler un peu d’espoir aux tout-petits ?! L’humanisme, ça te dit quelque chose ? Ne pensez vous pas qu’il faut une voix magnifique comme la mienne pour sauver l’humanité ?

Violetta (avec une voix complètement cassée).

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Héliette (terrorisée). Maman ! Maman ! J’ai peur !

M. Qu’est-ce qu’il se passe ? Quoi ?!

Les enfants. J’ai peur ! Marion !

Moi aussi, Marion !

J’ai peur !

On a peur, Marion !

On a peur !

Peur !

Peur !

Ismail. J’ai fait un cauchemar, Marion ! C’était pas du tout la Classe Vive ! C’était la Classe Vide ! Vide ! Vide, Marion ! On était des enfants de papier et tu nous découpais tous ! Tous ! Tous ! Après, tu nous jetais dans ta poubelle ! Il y avait Violetta ! C’était horrible !

La maîtresse Edith Thélisson. Et moi, je me faisais manger par les enfants !

Dit la maîtresse Edith Thélisson.

La maîtresse Edith Thélisson. J’étais dans la cour et les enfants m’avaient ligotée comme un saucisson. Ils me mangeaient toute ! Toute ! Toute !

Les enfants tueurs. Et toi, Marion, tu n’as pas peur ?! Coucou ! Coucou, Marion ! On est les enfants tueurs !

La poupée Chucky. Salut, Marion ! Je suis la poupée Chucky !

Annabelle. Et moi, Annabelle. Je tue les auteures et je fais pipi !

Tous. Cri cri cri ! Cri cri cri !

M. PROBLEME ! PROBLEME ! Où est Jennat ?! Où sont les petits enfants si mignons de l’école Gaspard Monge de Saint-Etienne ?!!!

Les enfants. Maman ! Maman ! Maman !! Maman !

M. Héliette ? Nestor ? Ismail ? Sarah ? Jemuel ? Vous m’avez appelés, mes chéris ?

Les enfants. Oui ! Oui ! Oui ! Chante-nous une chanson douce, Marion ! Chante-nous ! Chante-nous une chanson douce longtemps ! Longtemps ! Longtemps longtemps longtemps !

 

Une chanson douce que me chantait ma maman.

En suçant mon pouce j’écoutais en m’endormant.

Cette chanson douce, je veux la chanter pour toi.

Car ta peau est douce comme la mousse des bois.

 

La petite biche est aux abois.

Dans le bois, se cache le loup,

Ouh, ouh, ouh ouh !

Mais le brave chevalier passa.

Il prit la biche dans ses bras.

La, la, la, la.

 

La petite biche,

Ce sera toi, si tu veux.

Le loup, on s’en fiche.

Contre lui, nous serons deux.

 

Une chanson douce

Que me chantait ma maman,

Une chanson douce

Pour tous les petits enfants.

 

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