De quoi parlera La Classe Vive ?

1. Le Grand Cahier. Des choses du monde à l’exclusion.

Dans le cahier d’imaginaire – que j’écrirai cet été, et remis aux écoles à la rentrée scolaire – je poserai/nous poserons sans doute des questions d’ordre général : Qui est-tu ? Où habites-tu ? Fais-moi le dessin de ta maison. Bien sûr, ces questions d’une apparente simplicité pourront se transformer au fil du cahier : As-tu parfois l’impression d’être quelqu’un d’autre ? Qui aimerais-tu être ? Est-ce qu’il y a des maisons dans ta tête ? Des questions que je pourrais poser à mes enfants sur le chemin de l’école : Pourquoi as-tu été puni ? Est-ce que tu méritais d’être puni ? Qu’est-ce que tu as mangé à la cantine ? Il y aura une partie du cahier dans laquelle les enfants pourront aussi me/nous poser des questions.
Nous aimerions ensuite –et sans doute est-ce lié au travail que nous venons de mener, avec Marion Guerrero et les élèves de l’école de la Comédie de Saint-Etienne, autour de la montée des fascismes– travailler, orienter le travail du moins, sur la question de l’exclusion : Est-ce que tu connais l’histoire du vilain petit canard ? Et « T’en fais pas mon p’tit loup », tu l’as déjà entendue, cette chanson ? Est-ce que tu as déjà eu envie de taper ? De cracher sur quelqu’un ? D’être vilain ? Qu’est-ce que ça fait, lorsque tu fais la crise ? L’autre jour, j’ai surpris mon fils en train de pleurer à gros sanglots dans le bain. « Je n’arrive pas à faire le bien ». A-t-il reniflé. « J’essaie. Toujours. Toujours. Et je n’y arrive jamais. Jamais. Jamais. » Essayer de déceler, avec les enfants, ce qui nous incite, parfois, à être toxiques, excluants. Comprendre pourquoi, comment, on se retrouve dans la position de l’exclu. Et essayer de comprendre, avec eux, comment il est sans doute possible, et nécessaire, de pouvoir changer la donne.


2. L’écriture dramatique, un art du faire.
Une expérience pour grandir.

Le projet de La Classe Vive est aussi une invitation, pour les enfants, à découvrir et participer au processus d’écriture d’un spectacle. Il m’arrive – à titre d’auteure dramatique, de rencontrer des classes. Très souvent, les enfants sont étonnés de me voir : Ça existe donc comme métier ? Ecrivaine vivante de théâtre ?! La plupart du temps, les enfants ont une représentation de l’écrivain extrêmement figée (c’est bien souvent la représentation de Victor Hugo qui s’impose : un homme de génie, avec une barbe, mort depuis très longtemps. Parfois, ils ne se représentent rien du tout). Réaliser qu’il y a quelqu’un derrière un livre, quelqu’un de vivant, qui respire, mange, a été un jour enfant, tout comme eux, exactement, change substantiellement le rapport à l’écrit.

Avec La Classe Vive, nous avons décidé de tenir un blog, afin que les enfants puissent suivre en direct le processus de création. Ils verront ainsi comment, à partir de leurs travaux, une écriture s’invente, s’élabore. Comment, exactement comme lorsqu’ils travaillent à leurs productions d’écrits, je rature, reviens, efface, reprends, comment l’écriture est une pratique, un art du faire extrêmement vivant. L’acte à la fois extrêmement concret et miraculeux d’écrire une pièce sous leurs yeux, de la voir au jour le jour apparaître, se transformer, se préciser, peut, à mon sens, modifier leur perception de l’écrit, de l’écrit libre, loin de toute contrainte du « bien écrit », valoriser des écrits qui ne le seraient pas forcément dans un cadre purement scolaire, les inviter à prendre conscience de la rigueur nécessaire à la création, mais aussi du plaisir généré par l’acte de créer. J’aimerais que les enfants comprennent, touchent du doigt, les mains dans la pâte, sur les touches, dans l’encrier, combien créer peut nous donner de la force, nous ouvrir de nouveaux espaces, nous agrandir, absolument.

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